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N’attendez pas.

N’attendez pas. Posted on February 17, 20194 Comments

N’attendez pas. N’attendez pas que le temps passe. N’attendez pas de vous réveiller trop vieux et de vous dire que vous avez quand même perdu pas mal de temps à souffrir pour les autres, à être jaloux d’eux, à vous plaindre de votre sort. Vous vous en êtes sorti, il n’y avait pas de quoi pinailler, tenir les comptes. Considérez le fait d’être vivant comme un don ; pas comme un cadeau dont vous pouvez profiter égoïstement, mais comme une opportunité pour votre entourage. Considérez le fait d’être vivant comme la chance de répandre votre chance sur les autres. Vous êtes là pour que les autres se réjouissent de votre existence, pas vous-même. Ne vous dites pas trop tard « Il aurait suffi que je prenne un peu sur moi pour faire plaisir à untel à ce moment-là ». Ce moment-là c’est maintenant, c’était hier, c’est encore demain. Aimez, pardonnez. Ne retenez rien en vous contre les autres. Vous perdrez du temps, le vôtre, et il est précieux, les autres en ont besoin. N’en voulez à personne, soyez plus fort que ça, soyez plus haut que ça. Aimez autant que possible. Aimez votre meuf ou votre mec et dites-le lui. Ne soyez plus rien de négatif. Soyez un autel, un confessionnal, un réceptacle ; un oracle. Soulagez les gens, acceptez-les comme ils sont. N’ayez aucun a priori sur eux qu’ils soient plus pauvres, plus moches, plus cons, plus méchants. Ils ont des défauts, vous en avez aussi. Faites un peu de place pour les autres. Réduisez-vous, oubliez-vous. Vous n’êtes personne sans les autres, rendez-le leur bien. Vous valez mieux que ça, que de chouiner sur vos problèmes, vous morfondre, défendre votre confort matériel ou revendiquer votre pureté morale. Les gens sont imparfaits ? Aimez-les quand même. Oubliez-vous ; faites-vous disparaître dans l’amour que vous portez aux autres, dans ce que vous ferez pour les aider, les assister, les combler. Soyez forts. Vous êtes chanceux, probablement bien plus que la moyenne. Regardez vers le bas pour le comprendre et non vers le haut pour l’oublier. Si un ami vous demande un service, sauf si c’est disproportionné, exécutez-vous. N’envisagez pas votre propre personne comme une boutique dont il faut surveiller la comptabilité. Ne vous dites pas « Je donne je donne mais je ne reçois rien en échange ! ». Vous le faisiez pour ça ? Alors vous n’avez pas compris. Ne soyez pas non plus débile, ne soyez pas bonne poire, ne vous faites pas marcher sur les pieds, contrôlez ce que vous faites, ce que vous êtes. Gardez bien cette ligne infranchissable par les autres, ceux qui voudraient profiter de votre bonté, de votre sagesse. Mais cadré dans cette limite étanche, à l’abri de celle-ci, offrez-vous complètement aux autres. Ce que vous faites ne doit être que don, service, temps passé pour les autres, ceux qui le méritent et ne sont pas là pour vous la mettre à l’envers. Considérez-vous comme déjà mort et appréhendez chaque jour nouveau comme un don supplémentaire, comme une occasion de plus d’aller vers les gens pour leur faciliter la tâche. Ne soyez pas de la race des boutiquiers mais de celle des bien-nés, ne soyez pas bourgeois mais noble. Aidez les autres encore et encore, ne vous consacrez pas à vous mais à eux, ils ne vous prennent pas autant de temps que ça de toute manière. Ça ne vous coûtera rien et ça leur apportera beaucoup. Choyez-les sans une calculette à la main. Vous êtes plus grand que ça, vous êtes plus petit que ça. Vous ne serez jamais aussi grands que lorsque vous aurez compris que vous êtes minuscules.

4 comments

  1. Très surprise et très touchée de ce très beau texte auquel j’adhère complètement !

    Juste dire qu’il est bon aussi de se réaliser soi-même en utilisant ses talents car cela profite aussi aux autres : à la fois ce qu’on réalise et le fait d’être un être accompli qui peut avoir encore plus à offrir.

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